Laurie, expatriée au Maroc, maman épanouie et consultante en périnatalité (2/2)

Installation au Maroc

Laurie s'est expatriée au Maroc depuis maintenant presque 3 ans. Au début réticente à partir, elle fait désormais chaque jour un métier qui la passionne dans le cabinet de ses rêves. 

Découvre comment elle y est parvenue, les difficultés qu'elle a traversées et les solutions qu'elle y a trouvées, et enfin ses conseils aux femmes et familles qui s'expatrient au Maroc.

Dans la première partie de cette interview de la série "Portraits de femmes épanouies au Maroc", Laurie, nous a fait part de son installation au Maroc et de la façon avec laquelle elle a vécu ses premiers mois dans ce pays. 

Aujourd'hui elle continue à t'inspirer en te partageant son parcours. C'est parti !

As-tu rencontré des difficultés particulières au Maroc ? 

Les trajets d’école ! Au début ça me démoralisait beaucoup ! Ma fille est à la mission française car le système marocain ne me convenait pas au niveau de la pédagogie et elle fait parfois plus de 30 minutes simple aller en voiture (soit environ 2h de route au total si ça roule bien pour la personne qui la dépose et 1h / jour minimum pour ma fille…). Mon fils est dans une crèche maternelle marocaine, mais pour en trouver une bonne à prix correct je dois faire 30 minutes aller-retour en voiture… Ce qui peut prendre beaucoup de temps et freiner notre emploi du temps si on trouve pas de système D.

Je souffre aussi d’une certaine perte d’autonomie par rapport à mon train de vie en France je dois l’avouer... Je n’ose pas trop m’aventurer seule, parfois j’ai du mal à faire certaines démarches administratives. Cela m’arrive aussi de ne pas comprendre ou connaître certains « codes », je ne sais jamais si je dois donner une pièce ou non quand quelqu’un vient me rendre un service (simple gentillesse ou service rendu pour un échange ?!),j’ai peur de paraître impoli ou de faire mal, il faut complétement réapprendre une nouvelle culture, une nouvelle façon de vivre pour s’intégrer.…Il y a des choses qui me font peur, par exemple quand une personne se met à me débiter un récit en darija à mille à l’heure et que je reste les yeux écarquillés et l’air bête car je n’ai rien compris… !!! Enfin j’ai beaucoup souffert de l’isolement et je pense même que j’ai traversé une bonne déprime la première année…

"Mon activité professionnelle m’a permis de sortir de mon isolement des premiers mois" Laurie, expatriée au #Maroc

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Comment as-tu fait pour y trouver des solutions ?

Je me force parfois je me mets un coup de pieds aux fesses ! Et ensuite quelle fierté de sentir cet accomplissement personnel ! Parfois il y a des situations comiques qui me font rire et parfois j’en pleure mais pas grave le ridicule ne tue pas ! Je lis les articles du blog Maroc Émoi et je suis attentivement la « darija story » qui m’aide beaucoup à perfectionner mon accent ! Mais malheureusement lorsque je suis arrivée Maroc Émoi n’existait pas. Par contre j’avais adhéré à une association d’expatriés qui m’avait beaucoup aidée [Rabat Accueil, ndlr] avec beaucoup d’entraide et d’activités. Pour l’école on partage les trajets avec mon mari, et ma fille fait aussi du co-voiturage sinon aujourd’hui je ne serais que le chauffeur taxi de mes enfants ! Mon activité professionnelle m’a permis de sortir de mon isolement des premiers mois et m’a énormément aidé à m’accrocher, sans cela je ne sais pas si j’aurais tenu le coup…

Le livret spécial "Massage bébé" que Laurie offre aux mamans qui assistent à ses ateliers sur ce thème

Peux-tu nous parler de ton activité professionnelle au Maroc ?

Mon activité c’est ma passion ! J’ai ouvert un cabinet de conseils en périnatalité. Je donne des cours de préparation à l’accouchement et à la parentalité (soins et allaitement), j’aide pour l’allaitement et les soins du bébé parfois à domicile et en clinique. Je propose des ateliers en massage bébé et sur différents sujets qui touchent la toute petite enfance (maternage, diversification…).

Un cabinet spécialement conçu pour les mamans et leurs bébés

Que t'apporte ton activité professionnelle sur le plan personnel ?

Enormément ! Comme je l’ai dit plus haut, je pense que je n’aurais peut-être pas tenu le coup sans ça et d’ailleurs je remercie toutes les personnes (elles se reconnaîtront) qui m’ont encouragée et m’ont aidée dans tout ce que j’ai entrepris ici ! Mon métier a été mon moteur depuis le début, il m’a permis de faire les bonnes rencontres, prendre confiance en moi, m’investir dans des projets, avoir des objectifs, des ambitions !

"Je passe souvent pas des périodes d’incertitudes et puis je me re-booste et ça repart !" Laurie, expatriée au Maroc

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Quels sont les défis auxquels tu es confrontée dans ton activité professionnelle au Maroc ?

Faire évoluer certaines pratiques et certaines idées reçues… Je pense à l’allaitement en particulier, nous avons un taux parmi les plus faibles au monde et je compte bien apporter ma pierre à l’édifice pour contribuer à faire remonter des statistiques ! La pression familiale que subissent les jeunes mamans également, c’est un fléau international mais je le ressens vraiment ici comme quelque chose de pesant. Ce n’est pas toujours facile, je l’avoue, ce que je propose est encore assez méconnu et il y a beaucoup de craintes de la part des mamans. De façon générale elles n’aiment pas sortir avec leur bébé, ne conduisent pas seules, et ont très peur du froid… Tout cela rend plus difficile de mettre en place des ateliers car elles ne viennent pas et parfois je suis découragée pour être honnête… Je passe souvent pas des périodes d’incertitudes et puis je me re-booste et ça repart !

Laurie organise dans son cabinet divers ateliers dont un pour apprendre à masser son bébé. Elle a par ailleurs organisé à 2 reprises la "Grande tétée" à Rabat

Idéalement, comment imagines-tu ta vie au Maroc dans 5 ans ?

La même qu’aujourd’hui mais avec encore d’autres projets accomplis ! 

Avec le recul, quels conseils donnerais-tu aux femmes et familles qui veulent s'installer au Maroc ?

Bien préparer son projet, car lorsqu’on n’est pas dans un pays on peut avoir tendance à l’idéaliser ! Certes le Maroc c’est la mer, le soleil, l’ambiance conviviale et familiale mais pas que… Il faut affronter la lenteur et parfois la complexité des démarches administratives, parfois aussi des choses nous révoltent ou nous indignent avec notre regard d’étranger car on n’y est pas forcément habitué (les dessous de table, la corruption, la jalousie, la pauvreté, la misère, la non sécurité routière, les animaux errants (j’ai envie d’adopter tous les chats !)).  Ne pas non plus être négatif ou pessimiste mais accepter la différence, c’est tout un travail qui se fait sur plusieurs années ! Se préparer aussi en apprenant à vivre de façon minimaliste est je pense très important car en occident on est vraiment dans la surconsommation et en arrivant ici, on se rend compte qu’on doit réapprendre une autre façon de consommer. Se documenter grâce à internet comme le blog Maroc Émoi, rencontrer des expatriés qui nous partagent leur expérience, nous inspirent, nous motivent. Rencontrer aussi la population marocaine (en milieu populaire ou rural, qui permet de connaître le pays dans toute sa dimension et pas que la vitrine jolie à regarder…). Vous vous rendrez vite compte qu’il y a plusieurs Maroc dans le Maroc ! Autant de cultures, de patois, de recettes, de traditions différentes qu’il y a de familles !

Enfin le conseil le plus important je pense : ne pas regarder ce que l’on perd mais plutôt ce que l’on va gagner sinon on ne sauterait jamais le pas !

"Ne pas regarder ce que l’on perd mais plutôt ce que l’on va gagner" Laurie, expatriée au #Maroc

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C'est ainsi que s'achève cette interview. Un grand merci à toi Laurie pour nous avoir partagé ton expérience et nous avoir inspiré avec ton beau parcours. Je te souhaite beaucoup de réussite dans ton activité et tous tes projets au Maroc 🙂

Tu peux la retrouver et la contacter sur les réseaux sociaux et son site web : 

Facebook : "Autour de la naissance"

Instagram : Laurie Jaber

Site Web : Laurie Jaber

https://www.facebook.com/LaurieAutourDeLaNaissance/

Et toi qui me lis, dis-moi en commentaire ce que tu as pensé de cette interview, et comme toujours, tu seras formidable de la partager à tes ami(e)s 😉 Allah yerhem el walidine !

1-   Avec le recul, quels conseils donnerais-tu aux femmes et familles qui veulent s'installer au Maroc ?

La même qu’aujourd’hui mais avec encore d’autres projets accomplis !
Faire évoluer certaines pratiques et certaines idées reçues… je pense à l’allaitement en particulier, nous avons un taux parmi les plus faible au monde et je compte bien apporter ma pierre à l’édifice pour contribuer à faire remonter des statistiques ! La pression familiale que subissent les jeunes mamans également, c’est un fléau international mais je le ressens vraiment ici comme quelque chose de pesant. Ce n’est pas toujours facile, je l’avoue, ce que je propose est encore assez méconnu et il y a beaucoup de craintes de la part des mamans. De façon général elles n’aiment pas sortir avec leur bébé, ne conduisent pas seules, et ont très peur du froid…tout cela rend plus difficile de mettre en place des ateliers car elles ne viennent pas et parfois je suis découragée pour être honnête…je passe souvent pas des périodes d’incertitudes et puis je me re-booste et ça repart !

Enormément ! Comme je l’ai dit plus haut, je pense que je n’aurais peut-être pas tenue le coup sans ça et d’ailleurs je remercie toutes les personnes (elles se reconnaîtront) qui m’ont encouragées et m’ont aidé dans tout ce que j’ai entrepris ici ! Mon métier a été mon moteur depuis le début, il m’a permis de faire les bonnes rencontres, prendre confiance en moi, m’investir dans des projets, avoir des objectifs, des ambitions !

Mon activité c’est ma passion ! J’ai ouvert un cabinet de conseils en périnatalité. Je donne des cours de préparation à l’accouchement et à la parentalité (soins et allaitement), j’aide pour l’allaitement et les soins du bébé parfois à domicile et en clinique. Je propose des ateliers en massage bébé et sur différents sujets qui touchent la toute petite enfance (maternage, diversification…).

Je me force parfois je me mets un coup de pieds aux fesses ! Et ensuite quelle fierté de sentir cet accomplissement personnel ! Parfois il y a des situations comiques qui me font rire et parfois j’en pleure mais pas grave le ridicule ne tue pas ! Je lis les articles du blog Maroc Émoi et je suis attentivement la « darija story » qui m’aide beaucoup à perfectionner mon accent ! Mais malheureusement lorsque je suis arrivée Maroc Émoi n’existait pas. Par contre j’avais adhéré à une association d’expatriés qui m’avait beaucoup aidé avec beaucoup d’entraide et d’activités. Pour l’école on partage les trajets avec mon mari, et ma fille fait aussi du co-voiturage sinon aujourd’hui je ne serais que le chauffeur taxi de mes enfants ! Mon activité professionnelle m’a permis de sortir de mon isolement des premiers mois et m’a énormément aidé à m’accrocher, sans cela je ne sais pas si j’aurais tenu le coup…

Je souffre aussi d’une certaine perte d’autonomie par rapport à mon train de vie en France je dois l’avouer... Je n’ose pas trop m’aventurer seule, parfois j’ai du mal à faire certaines démarches administratives. Cela m’arrive aussi de ne pas comprendre ou connaître certains « codes », je ne sais jamais si je dois donner une pièce ou non quand quelqu’un vient me rendre un service (simple gentillesse ou service rendu pour un échange ?!) j’ai peur de paraître impoli ou de faire mal, il faut complétement réapprendre une nouvelle culture, une nouvelle façon de vivre pour s’intégrer.…Il y a des choses qui me font peur, par exemple quand une personne se met à me débiter un récit en darija à mille à l’heure et que je reste les yeux écarquillés et l’air bête car je n’ai rien compris… !!! Enfin j’ai beaucoup souffert de l’isolement et je pense même que j’ai traversé une bonne déprime la première année…

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À propos de l'auteur

Moi c'est Aurélie :) Amoureuse du Maroc depuis mon adolescence, cela fait 7 ans que j'y habite avec ma petite famille. Après des débuts quelque peu rocambolesques, aujourd'hui je m'y sens comme un poisson dans l'eau et j'ai bien l'intention de t'aider toi aussi à y parvenir !

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