Elles entreprennent au Maroc : Killya, entrepreneure créative à Tanger

Par Aurélie

Peut-on s'installer au Maroc et s'y épanouir en réussissant à la fois sur les plans entrepreneurial et familial ? Tu vas voir que c'est tout à fait possible avec l'interview de Killya, entrepreneure créative aguerrie, mère de famille et installée à Tanger depuis 2015. 

Qui de mieux placé pour te parler d'entreprenariat que les entrepreneur(e)s eux-mêmes ? Et qui de plus inspirant qu'un(e) entrepreneur(e) qui s'est installé(e) au Maroc et a donc non seulement dû commencer un nouveau départ sur le plan personnel mais aussi professionnel ?

C'est justement parce que j'ai la certitude que l'entreprenariat peut être une formidable occasion de s'épanouir quand on vient s'installer au Maroc, mais aussi que les entrepreneur(e)s sont des encyclopédies vivantes dans leur domaine de part leur expérience, que je commence aujourd'hui une série d'interviews inspirantes intitulée : "Elles/Ils entreprennent au Maroc".

Chaque interview sera l'occasion pour toi de découvrir le portrait d'une femme ou d'un homme comme toi ou moi, mais qui a la particularité d'avoir osé se lancer dans l'entreprenariat au Maroc, en nous livrant toutes les précieuses leçons de son expérience en la matière.

Commençons aujourd'hui avec Killya, mère de famille mais aussi entrepreneuse depuis 10 ans dont 3 au Maroc. Je lui laisse la parole ! 

1. Peux-tu te présenter ?

Je m’appelle Killya 30 ans et je suis maman de 4 enfants. Je suis entrepreneure depuis près de 10 ans, formatrice de couture et modélisme et coach entrepreneuriale : j’accompagne des femmes à monter ou booster un business créatif.

2. Depuis quand habites-tu au Maroc ?

J’habite au Maroc, plus précisément sur Tanger depuis 2015.

3. Qu’est-ce qui t’a donné envie d’entreprendre au Maroc et quand as-tu commencé ?

J’étais déjà entrepreneure avant de m’installer au Maroc, en arrivant j’avais déjà prévu d’y continuer mon activité professionnelle.

4. Killya tu n’es pas seulement entrepreneure mais double entrepreneure puisque tu as deux activités. Peux-tu nous en parler en détails ?

En effet, j’en ai parlé dans ma présentation. En 2013, j’ai développé le concept Couture Entre Soeurs, un blog consacré à la couture et au modélisme, puis j’ai lancé quelques mois plus tard mes premières formations en ligne notamment la Sewing Class. Une formation permettant de se former depuis chez soi. Après son lancement, j’ai constaté une multiplication de questions concernant le business créatif que je recevais, de la part de mes élèves mais aussi de toutes les personnes qui me suivent. J’ai alors commencé à proposer des coachings individuels à distance. Puis j’ai imaginé et conçu le programme « Creative Business Girls », une formation complète destinée encore une fois aux créatives qui souhaitent se mettre à leur compte.

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5. Avec quel statut juridique as-tu commencé ton activité d’entrepreneure au Maroc ?

J’ai commencé avec une SARL.

6. Si je ne me trompe pas, désormais tu as créé ta propre société au Maroc. Quelles démarches as-tu entrepris pour cela ?

C’est plus mon époux qui a géré les démarches administratives mais ça n’a pas été bien compliqué. Nous avons pris contact avec un comptable qui s’est occupé de l’ouverture de la société. Nous avons juste dû nous déplacer une ou 2 fois pour signer des papiers. Nous avons payé le comptable une somme avoisinant les 5000 dirhams [environ 500 euros].

Je suis actuellement dans les démarches pour ouvrir une autre société, et je tiens à préciser qu’il faut, du moins avec ce statut posséder un local commercial ou un bureau (on peut par exemple louer un appartement en tant que bureau) pour finaliser les statuts.

7. Considères-tu qu’entreprendre au Maroc t’a aidé et t’aide encore maintenant à mieux comprendre et trouver tes marques dans ce pays ? Si oui, pourquoi ?

Oui, à travers l’entreprenariat je me sens plus « intégrée », ça me permet également de côtoyer plus de personnes du pays, de m’ouvrir plus. Déjà, parce que le fait d’entreprendre au Maroc, te permet de prétendre à un visa de résidence, donc ça te permet de te projeter plus longtemps dans le pays. Mais aussi car ça me permet de faire plusieurs villes, d’aller à la rencontre des fournisseurs, donc d’un autre côté, tu te dis que tu contribues à l’économie du pays qui t’accueille.

"A travers l’entreprenariat [au #Maroc] je me sens plus «intégrée», ça me permet également de côtoyer plus de personnes du pays, de m’ouvrir plus", Killya, entrepreneure créative à #Tanger

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8. As-tu été confrontée à des difficultés particulières ou des défis dans ton activité professionnelle au Maroc ?

Non pas spécialement, au contraire, les démarches administratives pour l’ouverture de la société sont assez simples lorsque c’est le comptable qui s’en occupe. Tu es exonéré d’impôts pendant 5 ans d’après ce que m’a dit mon comptable et tu peux embaucher assez facilement. Ce qui a été difficile, c’est l’ouverture d’un compte bancaire, et malgré le fait que j’ai réussi à en ouvrir un, je ne sais pas comment l’utiliser. Nous n’avons pas trop reçu d’instructions. Je trouve aussi que le système bancaire pour les entreprises est très compliqué, surtout si tu souhaites utiliser Paypal ou recevoir des paiements de l’international. Ça peut vite devenir un casse tête.

9. Si oui, comment as-tu fait pour les surmonter et y trouver des solutions ?

Pour le point que j’ai abordé en dernier, ce n’est pas toujours totalement réglé, je me débrouille pour le moment avec des comptes alternatifs. J’attends d’être mieux renseignée ou tout simplement que le Maroc évolue à ce niveau-là. Je pense que le pays n’est pas encore « prêt » pour tout ce qui est business en ligne, etc…

10. A ton avis, quels sont les avantages à entreprendre au Maroc ?

Déjà, c’est facile d’ouvrir son entreprise, très facile même comparé à d’autres pays, ça se fait assez rapidement et pas besoin d’avoir un partenaire local. Je pense aussi, que c’est « bien vu », tu t’installes dans un pays, tu ne viens pas pour ne rien faire, tu crées une activité, tu contribues à faire bouger les choses, et ça plait aux habitants et aux autorités.

Un des avantages du Maroc, c’est que ce pays est proche de la France, aussi bien géographiquement que culturellement. Les marocains sont quand même à la page sur les dernières tendances de la France. Donc quand tu souhaites exporter un savoir faire culinaire, des accessoires etc.. depuis la France, tu sais quand même qu’il y a de grandes probabilités que ça fonctionne assez bien. Tu peux aussi, continuer assez facilement à commercer avec une clientèle française.

"Un des avantages du Maroc, c’est que ce pays est proche de la France, aussi bien géographiquement que culturellement", Killya, entrepreneure créative à #Tanger

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11. Et quels sont les désavantages à entreprendre au Maroc ?

Pour l’instant, je parlerai des difficultés au niveau bancaire, moyens de paiement, etc… C’est vraiment ce qui me pose problème actuellement mais aussi à énormément d’entrepreneurs avec qui j’ai échangé depuis mon installation au Maroc. Je parle là, dans le cas d’une activité en ligne comme moi, où la clientèle est majoritairement étrangère.

12. Que t'apporte ton activité professionnelle au Maroc sur les plans personnel et familial ?

Le fait de vivre mon entrepreneuriat au Maroc m’ouvre énormément l’esprit et me permet de voir loin. Il y a encore énormément de choses à développer ici, surtout dans ma thématique et je sens qu’il est possible de les mettre en place sans trop de difficultés. Vivre ici me permet d’être plus ambitieuse quant à mon projet car je sens qu’on a moins de bâtons dans les roues pour entreprendre. Ça me permet de trouver un bon équilibre entre mon activité d’entrepreneure et ma vie familiale.

"Le fait de vivre mon entrepreneuriat au #Maroc m’ouvre énormément l’esprit et me permet de voir loin. Il y a encore énormément de choses à développer ici", Killya, entrepreneure créative à #Tanger

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13. Comment fais-tu pour trouver le bon équilibre entre ta vie professionnelle et familiale ?

Ah ! Justement, j’abordai ce point dans la précédente question. Déjà en m’organisant mieux. L’organisation est une des clés très importantes pour trouver un bon équilibre, sans organisation c’est vraiment compliqué. Donc déjà, je me fixe des règles, et j’essaie au maximum de les respecter. Un temps pour le travail, et quand c’est fini, c’est fini.

Mais également en embauchant, oui car en déléguant certaines tâches, j’ai plus de temps pour moi. J’ai d’ailleurs pu embaucher une assistante en 2016 et je compte embaucher inshaALLAH d’autres personnes cette année.

14.Killya, tu viens de lancer un nouveau programme, la Creative Business Girls, destiné aux entrepreneuses créatives. Peux-tu nous le présenter en détails et nous expliquer en quoi il peut aider les femmes, notamment celles qui souhaitent s’installer ou sont installées au Maroc ?

Le programme « Creative Business Girls » est destiné à toutes les créatives qui souhaitent monter leur activité professionnelle en partant d’une de leurs passions. J’ai envie de leur montrer que c’est possible d’en vivre. Oui, que c’est possible de monter un business qui sera rentable et épanouissant en même temps.

J’enseigne une méthode entrepreneuriale qui met en avant l’action, on est jamais dans la théorie, on se bouge directement pour intégrer un marché le plus rapidement possible en débutant avec ce que l’on a comme ressources sur le moment.

Je met également en avant le fait qu’il faille mettre notre projet de vie au cœur de notre projet de business afin de toujours respecter nos valeurs. En gros, on adapte son projet professionnel à ses choix de vie. Et c’est là que c’est très intéressant pour les femmes souhaitant s’expatrier, elles vont pouvoir se créer une activité sur mesure en accord avec leur projet.

Au sein du programme, un cours bonus est même consacré à la création d’un business dans le cadre d’une expatriation. J’y explique comment penser et organiser son projet de business lorsque l’on souhaite s’expatrier.

Pour en revenir au cas du Maroc, il y aura également un cours bonus de 3 vidéos que tu as réalisé, toi Aurélie, afin d'expliquer aux bénéficiaires de la formation comment devenir auto-entrepreneure au Maroc, comment s'adapter aux différences culturelles concernant l'entreprenariat au Maroc et comment exporter des marchandises du Maroc vers l'étranger. 

Tu as jusque vendredi 13 avril prochain dernier délai pour découvrir cette formation unique en son genre, ainsi que tous les bonus qui l'accompagnent, inclus les 3 vidéos que j'ai réalisées sur l'entreprenariat au Maroc 😉

 

15. Avec le recul, quels conseils donnerais-tu aux personnes et plus particulièrement aux femmes qui souhaitent entreprendre au Maroc ?

Je leur conseillerai de bien choisir l’activité dans laquelle se lancer, et comme partout de venir repérer si le domaine qu’elles visent pourrait fonctionner au Maroc. Je leur conseillerai également de faire les choses « bien » dès le départ, c’est-à-dire, déclarer son activité directement. Autre chose, ne pas hésiter à s’ouvrir aux gens du pays. Beaucoup ouvrent ici, et ne font leur publicité qu’auprès des expatriés français. Je pense que si tu as un commerce « physique » ici, ou que tu proposes tes services directement au Maroc, c’est une grosse erreur. Si l’on choisit un pays de résidence, il faut faire des efforts d’intégration et avoir un business sur place peut justement nous permettre d’aller vers les gens, de leur faire découvrir ce que l’on fait, etc… donc c’est vraiment dommage de se restreindre aux français uniquement.

"Si l’on choisit un pays de résidence, il faut faire des efforts d’intégration et avoir un business sur place peut justement nous permettre d’aller vers les gens", Killya, entrepreneure créative à #Tanger

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16. Idéalement, comment imagines-tu ton activité professionnelle au Maroc dans 5 ans ?

Avec des employés, c’est sur car pour moi c’est indispensable pour développer mon business comme je le souhaite. Et avec un local dans lequel les employés et moi-même travailleraient. Je suis d’ailleurs sur un nouveau projet ici, mais je ne peux pas en parler pour le moment. Il représente un peu le début de la vision de mon activité professionnelle au Maroc d’ici 5ans.

17. As-tu quelque chose à ajouter ?

Oui, je conseillerai aux personnes qui souhaitent s’installer au Maroc et y monter un projet de foncer, notamment sur Tanger. C’est une ville dynamique en pleine expansion. J’ai en tête énormément d’idées d’activités qui pourraient bien fonctionner, mais à vous de vous donner les moyens de les mettre en place. Comme partout, tout n’est pas rose, il y a du bon et du moins bon mais l’entreprenariat au Maroc est une très bonne opportunité car le pays est en plein développement.


Merci beaucoup Killya pour tous tes précieux conseils ! 

Retrouve Killya si tu le souhaites dans son nouveau programme, la "Creative Business Girls",

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Enfin, si cette interview t'a plu, n'oublie pas de la partager, Allah yerhem el walidine (merci) 😉

Découvre l'interview de Killya, entrepreneure au #Maroc depuis 3 ans #Morocco #entrepreneur #mompreneur

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À propos de l'auteur

Moi c'est Aurélie :) Amoureuse du Maroc depuis mon adolescence, cela fait 7 ans que j'y habite avec ma petite famille. Après des débuts quelque peu rocambolesques, aujourd'hui je m'y sens comme un poisson dans l'eau et j'ai bien l'intention de t'aider toi aussi à y parvenir !

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